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PROJET DE RECHERCHE SUR
L'ORIENTATION DU PIGEON VOYAGEUR UTILISANT UN
GPS
1/ Introduction / Intérêt de la méthode
Depuis de très nombreuses années, les chercheurs
ont essayé de percer le secret de l'orientation
du pigeon voyageur. Des résultats incontestables
ont été acquis comme l'utilisation du soleil
associée à une horloge interne. D'autres
résultats sont plus controversés comme
l'utilisation du champ magnétique ou des odeurs.
L'immense majorité de ces résultats ont été
obtenus en quantifiant la rentrée au pigeonnier
de pigeons soumis à différents protocoles
expérimentaux. Ce qui se passe entre les lieux
de lâcher et le colombier, nul ne le sait.
De nombreuses tentatives ont été tentées pour
connaître le parcours des pigeons pendant leur
retour.
Certains auteurs ont essayé de suivre les
pigeons à l'aide d'un engin volant, mais avec
peu de succès car les vol de pigeons se
fractionnent assez rapidement et il très
difficile de repérer de petits groupes de
pigeons perdus dans le ciel.
Très dernièrement certains auteurs ont fixé avec
succès un récepteur type balise Argos sur le dos
du pigeon. Malheureusement les données obtenues
ne sont que fragmentaires et entre deux points
mesurés par le satellite, le trajet du pigeon
est inconnu.
L'utilisation du système GPS (Global Positioning
System) mis au point par les militaires
américains, semble prometteuse. Ce système est
basé sur la mesure de distances entre des
satellites et un récepteur portatif. Ce système
permet de suivre en temps réel les changements
de localisation du récepteur portatif. Il est
alors facilement concevable que si un pigeon
transportait un GPS, il serait possible lors de
la rentrée du pigeon de connaître son parcours
exact depuis son lieu de lâcher. Un autre
intérêt du GPS, c'est que non seulement on
connaît la localisation géographique mais en
plus on a une assez bonne estimation de
l'altitude à laquelle se trouve le récepteur.
Cependant nous sommes confrontés lors de la
fixation d'un GPS sur un pigeon à deux problèmes
:
1/ le poids de l'appareil. Un oiseau ne peut pas
voler raisonnablement avec une charge
représentant plus de 5% de son poids. Le poids
moyen d'un pigeon étant 500 grammes, l'appareil
ne devra pas faire plus de 25 grammes.
2/ l'encombrement de l'appareil devra être
compatible avec les contraintes exigées par le
vol. Plus particulièrement on devra veiller au
bon aérodynamisme de l'appareil.
Si un pigeon était capable de transporter un tel
appareillage, les données obtenues pourraient
nous permettre de mieux comprendre comment
l'oiseau "organise" son retour. Plus
particulièrement on pourrait savoir :
- l'influence sur le parcours réalisé lorsque le
pigeon est soumis à différents protocoles
expérimentaux. Par exemple, le sens olfactif des
pigeons est très controversé car certains
expérimentateurs n'ont pas réussi à refaire les
expériences réalisées par F. Papi, leurs pigeons
rentrant au colombier bien que leur sens
olfactif ait été modifié. La comparaison entre
le parcours des pigeons témoins et celui des
pigeons modifiés permettrait peut-être de mieux
comprendre le rôle du sens olfactif.
- combien de fois l'oiseau vérifie son cap au
cours d'un vol ? Fait-il le point toutes les
minutes ou toutes les heures.
- Comment l'oiseau réagit-il face au relief ?
Comme on le voit le GPS chez le pigeon voyageur
permettrait de répondre à de nombreuses
questions concernant l'orientation du pigeon.
2/ Réalisation d'un GPS pour pigeon voyageur
Certains travaux concernant le sujet ont été
réalisés par l'équipe du Prof Lipp, Institut
d'anatomie, université de Zürich, Suisse. Sous
sa direction Clemens Bürgi, a réalisé une thèse
portant sur la construction d'un GPS dont le
poids et la taille étaient compatibles avec le
pigeon voyageur.
A l'heure actuelle, un GPS de 35 grammes est au
point.
Module de réception 8 g
Batteries 11 g
Mémoire, DC-DC Converter 6 g
Antenne céramique 5 g
Conteneur 5 g

Nous avons demandé au
professeur Lipp, si nous pouvions obtenir ces
appareils pour réaliser nos propres expériences.
Celui-ci a répondu de manière positive et nous
avons pu obtenir pour commencer 2 GPS. Ces GPS
coûtent aux environs de 2500,00 pièce. Ce GPS
n'est certes pas parfait puisque son poids est
trop important et que l'antenne reste encore
trop volumineuse (4 cm x 6 cm). Cependant sur de
courtes distances (distance lieu de lâcher –
colombier < 50 km), ce GPS donne des résultats
satisfaisants comme le montre la figure
ci-dessous, obtenu lors d’un lâcher expérimental
réalisé au mois de juillet 2001.

Figure 1 : Le pigeon a
été lâché dans le coin supérieur droit et son
point d'arrivée est dans le coin inférieur
gauche.
3/ projets de recherche
Il est surprenant lorsque l'on lit dans les
journaux colombophiles les articles concernant
l'orientation du pigeon voyageur, que les
auteurs ne décrivent pas les derniers articles
scientifiques impliquant l'odeur et provenant
des laboratoires italiens. Il semble qu'en
général, les gens préfèrent plutôt relié le sens
extraordinaire du pigeon voyageur à un 6ème sens
d'origine magnétique. Un sixième sens, c'est
plus magique pour les humains et peut-être plus
facile pour les hommes à appréhender. Il est en
effet difficile d'imaginer qu'un pigeon
hollandais relâché à Barcelone soit capable de
reconnaître l'odeur spécifique du nord de
l'Espagne.
Avec les GPS, il sera possible de faire une
corrélation fine entre la direction du vent et
le parcours de retour du pigeon. Nous pouvons
alors espérer voir si des modifications de la
composition de l'atmosphère, modifie la faculté
des pigeons à s'orienter. En effet, la vallée du
Rhône est soumis à des vents très puissant qui
brassent fortement les odeurs. Si les odeurs
sont utilisées dans le retour des pigeons, leur
retour d'un même point devrait être différent si
le vent a soufflé pendant plusieurs jours du
Nord ou du Sud. Notre localisation proche de la
vallée du Rhône est un atout pour notre
recherche.
De plus il serait intéressant de savoir le
comportement des pigeons par rapport à
différents types de relief. Certains membres de
l'association ont leur pigeonnier localisé
derrière des montagne dont la hauteur moyenne
est de 2000 m. Contourne t-il l'obstacle ou
préfère t-il passer au-dessus. Le profil
d'altitude obtenu permettra aussi de comprendre
à partir de quelle hauteur d'obstacle le pigeon
préfère entamer un contournement. Le
contournement d'obstacle pose un délicat
problème d'orientation. En effet contourner
signifie changer de cap et parfois faire marche
arrière. L'oiseau accepte t-il de faire marche
arrière pour contourner un obstacle? Quel est le
comportement des pigeons devant de telles
difficultés? De nouveau les enregistrements
réalisés grâce au GPS devraient fournir de
précieuses informations.
Source: Institut de développement des
connaissances sur l'orientation des oiseaux |