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Parlant de l'élimination et
de la sélection au colombier de veuvage, avec le
reporter Hugo du journal «De Duif» lors d'un
récent reportage, je lui avais appris qu'il ne
reste pas 5% de l'effectif après cinq à six
saisons de concours. J'ai réfléchi plus
profondément à ce sujet par la suite. Je joue
mes meilleurs «veufs» six années durant. Qui ne
peut tenir si longtemps est écarté sans pardon.
Après six saisons les
rescapés sont très peu nombreux et n'atteignent
pas 5% de l'effectif. J'élève une centaine de
pigeonneaux au moins chaque année des premier et
deuxième tours. Il s'y ajoute quelques-uns du
troisième tour ou même des jeunes d'été par la
suite; cela dépend du nombre de pertes et
d'accidents dans les câbles à haute tension. Si
j'additionne le tout, je suis plus proche de 150
que de la centaine. A la fin de la saison 2001
j'ai transféré un seul pigeon de 1996 au
colombier d'élevage (après six années de
participation aux concours).
Le 463/96 était le seul rescapé. Je ne puis
retrouver le nombre de prix qu'il remporta
l'année de sa naissance. C'est un pigeon qui a
manqué très rarement de (bien) se classer. En
cinq saisons de yearling et adulte il remporta
58 prix à l'Union d'Anvers, presque uniquement
en demi-fond. En 2002 j'ai retiré de l'équipe
trois «veufs» de 1997. Je les avais joués 3 à 4
saisons en demi-fond et en petit fond par la
suite. Ils se sont très bien comportés. Les
dernières années ils ne furent engagés que de
quinze en quinze jours en petit fond. C'est
peut-être pour cette raison qu'ils ont tenu si
longtemps tous les trois.
Pour l'heure il y a toujours
deux mâles de 1998. Ce sont de bons
demi-fonciers et ils ratent rarement. J'espère
qu'ils tiendront le coup jusqu'à la fin de la
saison 2003, car j'aimerais pouvoir les passer à
l'élevage ensuite. Il reste également trois
veufs de 1999. Le 036/99 est à mes yeux le
champion de la colonie. Que le vent soit de face
ou de dos, qu'il pleuve ou que le ciel soit
couvert de nuages, il ne rate pour ainsi dire
jamais.
Ce 036/99 s'est classé 1er as
pigeon de demi-fond à l'Union d'Anvers en 2001
et 2002. Je ne puis le prétendre avec certitude,
mais je crois que c'est extrêmement rare de voir
un pigeon remporter ce trophée deux années de
suite à l'Union. Le 204/99 participe au petit
fond. Le troisième veuf de 1999 s'est encore
comporté honorablement en 2002, mais moins bien
que l'année précédente. Je crains qu'il n'en
sera plus après quelques concours en 2003.Un
yearling peut devenir un bon adulte, mais un
adulte qui faiblit se ressaisit rarement l'année
suivante.
La levée 2000 doit encore
participer durant trois années. Ils ne sont plus
que trois. Attendons voir lequel atteindra la
ligne d'arrivée. Il faut qu'un veuf tienne six
saisons pleines pour pouvoir passer à l'élevage.
Sur la fin, il perd souvent un peu de vitesse,
mais le bon pigeon continue à bien se classer et
rate rarement. L'esprit de cet article veut
mettre l'accent sur le fait que les bons pigeons
sont vraiment rares et qu'il n'est pas facile de
constituer une bonne équipe de veufs.
On prétend que la patience
est la qualité majeure du bon colombophile, mais
la patience seule ne peut suffire. Il faut
sélectionner! ! ! Elever, jouer et sélectionner.
Moins on attendra d'engager la sélection, plus
vite on atteindra le top niveau de la qualité.
Les yearlings.
Je dispose de quarante-huit casiers au colombier
de veuvage. Ils sont rarement tous occupés, mais
je tente toujours d'y loger le plus de yearlings
possible.
Les yearlings dépassent
toujours les cinquante pour cent de pigeons
présents. Pour 2003 cela va même au-delà des
deux tiers. J'ai seulement quinze vieux mâles au
veuvage. Il faut les mettre à l'épreuve le plus
souvent possible et sélectionner sans pitié.
C'est la seule manière qui permet de former une
bonne équipe. S'il ne reste que trois à cinq
yearlings valables à la fin de la saison entamée
avec une trentaine, je suis entièrement
satisfait. J'ai déjà dû me contenter de moins
dans le passé. Je n'attends pas la fin de la
saison pour écarter les veufs qui ne répondent
pas aux critères. Je ne crois pas aux sornettes
qui racontent qu'un veuf perd subitement sa
combativité lorsqu'un de ses voisins ne rentre
plus ou est retiré de l'équipe. Moins il y a de
pigeons au colombier, mieux je m'y trouve. Je ne
supporte pas la présence de pigeons qui arrivent
régulièrement hors des prix. Je sais bien que
même le «crack" ne peut se classer en tête
toutes les semaines. Cela ne me pose pas de
problème. Mais les gars qui ratent deux, trois
fois de suite par bon temps me rendent malades.
C'est pour cette raison que je sélectionne
durant toute l'année. Plusieurs casiers sont
déjà inoccupés après cinq à six concours. Je
m'en trouve soulagé, parce que cela réduit le
travail mais aussi parce que cela permet de
mieux observer et il en résulte un meilleur
pourcentage de prix. Si la rivalité devait
diminuer parce que quelques pigeons ont été
éliminés, on peut toujours ouvrir quelques
casiers au moment de la mise au panier pour
augmenter la motivation de ceux qui partent au
concours. La rivalité et la motivation jouent un
rôle prépondérant dans le sport colombophile.
Mais «le bon pigeon» demeurera toujours la pièce
maîtresse. Les toquards peuvent avoir cents
rivaux et se trouver extrêmement motivés, ils ne
se classeront pas mieux pour autant. Seule
compte la sélection! ! ! Elle vous permet de
découvrir le bon pigeon et mène au succès par
corollaire.
André ROODHOOFT |