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Il me revient aux oreilles que la polémique avec
les vétérinaires belges sur la vaccination
paramyxovirose des pigeons revient sur le tapis.
Je suis vétérinaire (pensionné certes), je ne
suis pas belge, mais je suis colombophile depuis
plus de 60 ans, et j'ai été responsable à tous
les échelons de la hiérarchie administrative de
la colombophilie. J'ai donc été en " plein front
" de la bataille contre la paramyxovirose depuis
son apparition, comme vétérinaire spécialisé et
comme colombophile.
Pour raison de politique économique, cette
maladie du pigeon a été mise " dans le même sac"
que la maladie de Newcastle des volailles qui
fait trembler chaque nation pour ses
exportations de poulets. C'est devenu un
argument pour, à l'occasion, torpiller les
petits camarades sur les marchés internationaux.
En fait, si le virus pigeon, injecté
artificiellement à des poulets provoque la
maladie, il n'a jamais été prouvé une
contamination naturelle (par ex. un pigeon
contaminé arrivant accidentellement dans un
élevage de poulets) des poulets par le pigeon.
De plus, les poulets ne sont-ils pas vaccinés
dès leur jeune âge contre la maladie de
Newcastle. C'est donc là un mauvais procès fait
aux pigeons par des bureaucrates, relayés par
des intérêts professionnels à courte vue.
La paramyxovirose a" l'avantage" d'être une
maladie spectaculaire.
J'ai souvent raconté cette anecdote.
Un ancien président national français me dit un
jour: " Mon ami X m'a affirmé que jamais il ne
vaccinerait ses pigeons contre la
paramyxovirose.
Ne vous en faites pas Mr. le président quand il
l'aura eue, il vaccinera ".
Quelques années plus tard, l'ami X a eu la
paramyxo.... Et maintenant il vaccine chaque
année régulièrement la totalité de ses pigeons.
Quel amateur peut supporter sans sourciller
cette diarrhée inondante, ces paralysies, ces
torticolis qui font rouler dans les fientes des
pigeons pour lesquels on sacrifie plusieurs
heures par jour, l'argent des graines, des
entraînements, de l'achat de nouveaux
reproducteurs, des médicaments utiles?
Alors si on rend la vaccination par un
vétérinaire obligatoire, que va-t-il se passer?
A la fin de l'hiver, on va faire vacciner au
colombier. Oui si on possède beaucoup de
pigeons.
Eventuellement au siège si on en a moins. Quels
pigeons? Les reproducteurs, les adultes de
voyage, si on agit en février-mars, les
pigeonneaux précoces. Et puis après?
Si je fais quelques pigeonneaux au cours de la
saison, je vais aller à chaque fois chez le
vétérinaire faire vacciner 4-6-10 pigeonneaux?
Non.
A tout le moins vais-je attendre d'en avoir
assez, pour que « ça vaille le coup ».
C'est-à-dire qu'entre temps, ces pigeonneaux
auront pu contacter la maladie. Qu'aurons-nous
gagné?
Certes les vétérinaires, quelque argent. Mais du
point de vue de la prévention pas grande chose
puisque la plupart des pigeonneaux demi-tardifs
ou tardifs resteront sans protection vaccinale
jusqu'à....
la prochaine fois.
Il y a une règle en prophylaxie (c'est-à-dire la
prévention des maladies) lorsque 70 à 80 % des
animaux (ou des hommes) sont vaccinés, il ne
peut y avoir d'épizootie (épidémie animale).
Nous sommes à beaucoup plus de 80 % de vaccinés
actuellement. Depuis 20 ans, j'ai l'expérience
de cette méthode de protection et je considère
comme une grave erreur de vouloir en changer.
Les autres méthodes ne sont pas meilleures et
elles coûtent beaucoup plus cher à l'usager.
Certes les administrations aiment au moins
autant la paperasse que l'efficacité pratique.
Il nous appartient d'y résister. Quant à mes
confrères, qu'ils fassent leur introspection.
Quelle attitude pratique ont-ils dans la
prophylaxie vaccinale de la maladie d'Aujeszky
et la peste du porc pourtant elles aussi
maladies « légalement contagieuses" ?
Les capitaux comparés de la colombophilie et de
l'élevage porcin n'ont pourtant aucune commune
mesure. Et de plus, parmi tous les vétérinaires
belges, combien s'y connaissent en pigeons?
Combien même savent tenir un pigeon en mains?
Doct.Vét. JP. Stosskopf |