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Nous disposons maintenant de
mélanges pour pigeons d'une grande qualité et
d'une grande beauté esthétique. Ce mélange du
jaune des mais, des blancs du dari, des bruns
des féveroles, pois anglais, sorgho, des stries
blanches et noires du tournesol, du vert des
pois indigènes, tout cela fait un tableau très
joli....pou l'amateur. Et de tout cela, le
pigeon s'en moque. Ce qu'il veut, c'est une
nourriture saine, utile sur le plan des besoins
physiques (muscles - plumages) et énergétiques.
A l'heure ou chacun regarde son porte-monnaie,
n'est-il pas souhaitable de faire un tour
critique de ce problème? Je ne suis pas un
financier spécialiste du marché des grains et je
sais tout de même que certaines graines
exotiques ne sont pas plus chères que des
graines métropolitaines. Mais certaines graines
sont rares, ou d'importation irrégulière, à
cause de conflits ou de désastres
météorologiques. Le mais composant de base de la
plupart des mélanges est une de ces graines où
l'on trouve une foule de variantes qui
alimentent bien des discussions. Et je ne parle
pas des OGM qui ne vont pas tarder à faire
parler d'eux. Il y a parmi les mais, une foule
de variétés: des gros des petits, des longs des
courts, des plats des ronds, des pâles des
rouges. La plupart des amateurs se satisfait
d'une graine moyenne ronde et bien colorée. Le
mais a une composition moyenne de 9,5% de
protéines, de 4,5% de graisses, de 1,9% de
cellulose et cette composition varie très peu
d'un mais à l'autre. Le mais séchés
artificiellement ont souvent une odeur acidulée
qui déplait aux pigeons: cela provient de la
fermentation qui se produit très vite (quelques
heures) au sein des grands tas de mais en
attente de séchage. En effet les moissonneuses
batteuses récoltent le mais beaucoup plus vite
qu'on ne peut le sécher (le faire passer de
30-35% d'eau à moins de 10), d'où attente
pendant laquelle la fermentation se produit.
J'ajoute que cette présence d'acide lactique
n'est pas dangereuse. et même au contraire
l'acide lactique étant favorable à la digestion
(cf. les yaourts et assimilés). Le mais est
coloré par deux pigments, le carotène dont une
partie donnera de la vitamine A et la
xanthophylle qui n'a aucune valeur vitaminique.
Quoi qu'il en soit, les pigeons acceptent
facilement l'un ou l'autre mais, de la dent de
cheval au cinquantino. Les difficultés
apparaissent, passagèrement, quand on change de
variété, passant par exemple d'un gros à un
moyen mais. L'important est- comme pour tous les
grains- que la conservation soit impeccable.
La plupart des mais sont, à l'heure actuelle,
artificiellement séchés, ce qui fait que les
meilleures sont ceux séchés, de façon naturelle,
en cribs. Les variétés de forment (blé) sont,
elles aussi très très nombreuses. On distingue
actuellement des variétés dites dures riches en
gluten donc en protéines, utilisées pour la
fabrication des pâtes alimentaires , d'autres
variétés dites tendres, le plus courant employé
surtout en boulangerie. Le blé tendre classique
contient environ 11% de protéines, 2% de
graisses , 2% de cellulose, le reste étant des
sucres les uns solubles (2%) les autres
insolubles surtout composés d'amidon (68%). Le
pigeon consomme le froment facilement mais
préfère le mais (de cribs) et surtout les
petites céréales que nous allons voir plus loin.
Les grains de blé ne doivent pas être rabougris,
fripés, maigres. Ils ne doivent pas non plus
être trop beaux: il existe des variétés à haut
rendement ( plus de 110 quintaux à l'ha), à
cuticule pale (le son est presque blanc) qui
sont très pauvres en protéines donc sans grand
intérêt. Leur forme rappelle celle d'une
coccinelle. Il est rare qu'il faille sécher
artificiellement le froment. Cela n'est
quelquefois utile que les années
particulièrement pluvieuses en août. La
moisissure, devenue rare, est un aspergillus
capable de provoquer dans l'appareil
respiratoire du pigeon la très grave
aspergillose. A coté de ces deux céréales
majeures, on trouve dans les mélanges du dari,
du sorgho, du riz soit paddy soit décortiqué, de
l'orge et de petites graines dites de dessert
comme l'alpiste et le millet rond. Le dari
blanc, le sorgho brun sont deux variétés de la
même plante. Leur composition chimique, donc
leur valeur nutritive est pratiquement celle du
mais. A noter cependant que le sorgho, brun, a
une enveloppe très riche en tanin qui plait peu
au pigeon, a l'avantage de resserrer l'intestin,
et le défaut d'être totalement dépourvu de
carotène donc de provitamine A (contrairement au
mais jaune). Le dari, blanc, n'a pas ces
propriétés et ces défauts sinon son absence de
carotène. Il est de ces graines qui font joli
dans le mélange. Le riz blanc, c'est-à-dire
débarrassé de sa cuticule (balle) est aussi de
ces produits blanc qui font bien dans le
mélange. S'il est facile à digérer, il n'est pas
bien riche 6% de protéines, 1% de graisses, 0,8
de cellulose. De plus, il a l'inconvénient non
négligeable de ne contenir aucune vitamine et
très pauvre en minéraux, en particulier en
calcium.
Il y a aussi les
légumineuses. Elles sont incorporées dans les
mélanges pour les pigeons parce qu'elles sont
riches en protéines.
Le taux de protéines y varie de 20 à 25 % en
moyenne, alors qu'elles n'est que de 10-12% pour
les céréales. Elles sont aussi assez riches en
cellulose (5 à 6%) ce qui facilite la digestion
des mélanges riches en mais et froment (et riz
blanc). Elles sont pauvres en graisses (1à 2 %).
Ce sont aussi donc uniquement des matériaux pour
la formation et la reconstitution de la masse
musculaire et des viscères.
Un point important en ce qui concerne les
vesces: elles contiennent un glucoside (sucre)
qui en dédoublant dans l'organisme donne de
l'acide cyanhydrique. Cela explique la faible
proportion de vesces (2 à 5%) dans les mélanges.
La chaleur et l'eau (trempage de 24h) tuent ce
poison potentiel. Si l'on compare les teneurs en
différents acides aminés des protéines de ces
légumineuses on voit qu'elles sont très proches.
L'incorporation des plus chers dans la ration ne
présente donc aucun intérêt alimentaire. Les
petites graines répondent à deux destinations.
Les unes sont des desserts destinés à
familiariser les pigeons. D'autres sont des
sources de matières grasses dont on sait
l'importance lors de la mue et surtout pour
l'effort physique. Un bon mélange concours fait
5 à 6% de graisses. Les riches en matières
grasses sont souvent incorporées au mélange,
mais font aussi parties des desserts. Les
céréales (alpiste - millet rond) sont d'une
composition typique des céréales (l'alpiste fait
tout de même 13% de protéines). Le colza, le
tournesol, le chanvre, le lin, le cardi sont à
la fois riches en graisses (25 à 35%) et en
protéines (15 à 22%).
Les pigeons aiment beaucoup cela, sauf le lin,
qu'on a souvent du mal à faire accepter. Le
chanvre est aussi riche en phytine, phosphate de
chaux et de magnésie bien assimilé et
neurotonique ce qui a fait sa réputation de
graine-doping. Les graisses étant la source
d'énergie des oiseaux, cette réputation quelque
peu diabolique doit être révisée. Le tournesol
est lui aussi très apprécié des pigeons. Comme
pour le sorgho blanc (dari) et brun, les
amateurs préfèrent le tournesol blanc et noir au
noir. En fait leur valeur nutritive est
strictement la même (15% de protéines, 25% de
graisses, 28% de cellulose) mais le blanc et
noir fait joli dans le mélange. Mais il coûte
aussi plus cher.
Enfin, évoquons le dernier cri dans le
bichonnage des pigeons. Après apprentissage, les
pigeons se jettent sur les cacahuètes. C'est un
aliment ultra concentré puisqu'il contient 30%
de protéines et 45% de graisses. Extra pour
regonfler un pigeon amaigri, mais dans la
préparation au concours beaucoup de graines sont
capables d'apporter cela, fusse en quantités
plus importantes. On peut toujours augmenter la
ration.
Dr. J.P Stosskopf
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