| |

Selon Ad
Schaerlaeckens, c'est une erreur de croire que
les pigeonneaux seront de mieux en mieux éduqués
à mesure qu'on les portera à des distances de
plus en plus grandes.
Réflexion
Lorsqu'approche la saison du dressage des
jeunes, les questions se posent de savoir:
- Sont-ils sains et s'entraînent-ils avec
entrain ?
- Ont-ils de l'appétit? Les fientes sont elles
sèches?
- Sont-ils vifs et en chasse?
En mai, les jeunes hâtifs doivent vouloir
s'accoupler et même couver des œufs.
Si ces questions butent sur un non pour seule
réponse, il faut conclure que les jeunes n'ont
pas la forme. Dans ce cas vous ne pouvez engager
le dressage et vous devez intervenir.
Comment?
Vous pourriez passer à un
"mélange léger", appliquer une cure contre la
trichomoniase et éventuellement une deuxième
contre le coli et la diarrhée qui les accompagne
..
Si vous ne constatez pas d'amélioration après
deux jours il faudra consulter un vétérinaire.
Un bon vétérinaire, ou mieux encore un
spécialiste, parce que l'un n'est pas l'autre.
Un vétérinaire peut être si capable que
possible, le pigeon n'aura pris qu'une infime
partie du temps de ses études. Vous l'informerez
de votre problème et de ce que vous avez fait.
Il est possible qu'il trouve les têtes
"malades". Cela ne provoque pas un manque
d'appétit, mais plutôt un manque d'ardeur à la
volée.
L'œil-averti du vétérinaire spécialisé décèlera
tout cela d'entrée.
Une fois les jeunes remis "en condition" vous
pourrez y aller.
Perdre confiance
Commençons par le début: la gestion de la
colonie. La majorité d'entre nous héberge de
nombreux jeunes en mai et cela prend pas mal de
temps. Comme l'ampleur du travail génère de la
précipitation, nous ne tardons pas à rendre nos
jeunes craintifs. Ils s'inquiètent à
l'apparition du maître! Vous en attrapez un
entre les jambes et un autre au plafond ou
contre la fenêtre, parfois accompagné d'un
retentissant juron que les jeunes ne comprennent
pas, mais qu'ils ne ressentent pas moins.
En agissant ainsi vous les effrayez. Ils
hésiteront de rentrer à l'arrivée des concours
et il vous sera difficile de regagner leur
confiance.
L'anxiété de ces pigeonneaux apeurés croit de
jour en jour.
Combien de temps devrais-je investir pour
parvenir à prendre mes jeunes comme il se doit,
demandent certains, non sans douter de la
réussite.
Ce n'est pas un problème. Cela ne doit pas
prendre beaucoup de temps.
Comment faire
Quelques conseils à ce sujet:
a.) Une méthode simple (qui ne convient pas pour
tous) consiste à apprivoiser vos pigeonneaux au
point de pouvoir les ramasser au sol tellement
ils sont dociles.
On n'y parvient pratiquement que dans les petits
colombiers et dans ceux où l'on a réduit
l'espace par un treillis, mais surtout en
fréquentant beaucoup ses jeunes.
b.) Vous pouvez aussi leur apprendre à se loger
au panier sans que vous les preniez. C'est plus
facile qu'on le pense. Avant d'engager les
dressages, vous devez avoir traité vos jeunes de
manière à les "mettre à votre main" en les
tenant sur une pointe de faim. Vous pourriez
alors nourrir dans un panier posé au colombier.
C'est surprenant comme ils ont vite compris! Dès
qu'ils vous apercevront avec la boîte de graines
à la main, ils plongeront dans le(s) panier(s).
J'ai pratiqué ce petit jeu durant plusieurs
années et cela a réussi.
Seul inconvénient: ils salissent le(s)
panier(s).Vous pouvez y remédier en ne posant
plus le panier au colombier, mais dehors devant
la façade, avec l'ouverture placée contre le
colombier, où vous aurez également pratiqué une
ouverture.
Si vous estimez que ce n'est pas hygiénique,
vous ne devez pas nourrir dans le panier. Vous
pouvez-y accrocher une mangeoire.
c.) Dans un pigeonnier obscur les pigeonneaux se
ramassent sans problèmes. Mais cela prend tout
de même plus de temps qu'avec la formule "b".
d.) Vous pourriez aussi procéder comme les
Engels de Putte. Ces champions possèdent
toujours une masse de pigeonneaux répartis sur
plusieurs cages. Pour les mettre au panier, ils
ouvrent une cage déjà comble et y poussent
calmement les pigeonneaux de la cage voisine,
provoquant ainsi un spectaculaire débordement.
Ils mettent ensuite la cage surpeuplée dans
l'obscurité et n'éprouvent aucun mal pour
prendre 150 jeunes et plus encore en un minimum
de temps.
Débuter
Lors de vos premiers entraînements, il importe
de veiller aux conditions climatiques. Il ne
doit faire ni trop chaud ni trop venteux. Il
faut surtout éviter le vent d'est. Pour étonnant
que cela paraisse, un ciel bleu-azur n'est pas
idéal. Si les jeunes ont déjà été lancés
quelques fois, ils le supporteront mieux.
La plupart d'entre nous débutent à une distance
de cinq kilomètres. D'autres portent leurs
pigeonneaux aux quatre points cardinaux. Je ne
suis pas porté pour cette méthode. A part
quelques habitués des concours à deux jours qui
y engagent leurs "vieux" dans cette pratique je
ne connais pas un "spécialiste" de ce mode
d'entraînement. Des recherches menées en
Allemagne (j'y reviendrai) ont démontré que des
pigeons entraînés dans différentes directions,
rentrent moins bien.
Lors des premiers dressages vous pouvez engager
quelques vieux à côté de vos jeunes. Je ne
conseille pas de lancer les pigeonneaux (et même
les vieux) un à un au début.
Lors des premiers entraînements je libère tous
les pigeons en même temps. Plus tard, lorsqu'ils
ont acquis un peu d'expérience je procède par
petits groupes. Il va de soi qu'il faut éviter
de donner l'envol sous des câbles à haute
tension ou à proximité de la circulation
routière.
Un lecteur m'a écrit avoir vu un jour lâcher des
pigeons en bordure de l'autoroute et à une heure
de pointe. Dommage qu'il n'a pas noté à quelle
Section appartenait le charroi. Elle aurait dû
être frappée d'une amende, comme cela se
pratique en Belgique pour les convoyeurs qui ne
respectent pas les règles. Il y a danger de mort
pour les pigeons et pour le trafic. Pareille
image est néfaste pour le sport colombophile.
Insensé et judicieux
Jadis on prétendait qu'il fallait accorder
quelques minutes de répit en arrivant sur le
lieu de lâcher, afin de permettre aux pigeons
que vous sortez de l'obscurité du coffre de la
voiture de se faire à la lumière du jour et de
s'orienter.
Cela paraît judicieux et je m'y suis tenu jadis.
Mais j'ai compris par la suite que cela n'a pas
de sens.
Depuis des années j'ouvre les paniers en les
sortant de la voiture et tout se passe sans
problème.
Si vous n'êtes pas au pigeonnier lors du retour
de vos pigeons, n'oubliez pas de mettre une
poignée de petites graines et quelques
cacahuètes dans la mangeoire. Vous savez
pourquoi. ..
Avec le cyclomoteur
J'ai connu le temps où la grande majorité
d'entre nous (et moi comme les autres) portions
les jeunes à vélo ou à cyclomoteur pour aller
les lâcher. Nous ne pouvions faire autrement,
car nous ne possédions pas de voiture et ceux
qui en avaient une, ne disposaient pas du temps
voulu.
Cela ne nous gênait pas trop, car nous n'avions
pas beaucoup de pigeons à porter. La distance
des vols d'entraînement s'en trouvait forcément
réduite, mais cela ne prêtait pas à conséquence,
nous ne perdions pas de pigeonneaux par la
suite. De nos jours ceux qui disposent d'une
voiture sont plus nombreux, ils entraînent plus
de pigeons et ils en perdent. Les gens ont beau
chercher, ils ne trouveront pas d'explication
pour ce paradoxe. On ne peut se contenter de
classer cela "d'inexplicable".
Les amateurs commettent des erreurs.
Le début
Quand commence-t-on a éduquer les jeunes? Jadis
on disait: après la chute de la troisième
rémige.
Mais cela ne tient plus depuis qu'on pratique -
en masse - l'obscurité au colombier. Lorsqu'on
présentait un pigeonneau vous pouviez estimer
son âge au vu des rémiges qu'il avait jetées.
Celui qui en avait jetés six était plus âgé
qu'un autre qui en était à deux. C'est le
contraire depuis que nous pratiquons
l'obscurité. Les jeunes "obscurcis" ont à peu
près le même comportement que les jeunes
d'hiver. Si on vous montre l'été un jeune qui a
jeté quelques plumes, il sera plus jeune qu'un
autre qui présente toujours une aile pleine.
Lorsque vous vous demandez quand débuter
l'entraînement, le plus simple sera de vous en
tenir à l'âge des pigeonneaux. Ils doivent avoir
au moins trois mois. Est-ce aussi possible à
cinq mois? Cela revient à dresser des jeunes
d'hiver en juin. Cela peut aller, mais c'est
moins indiqué. A la mi-juin en 2002, mes jeunes
avaient été entraînés quatre fois.
Au premier entraînement j'ai subi des pertes, un
peu par ma faute. Je les avais mis au panier le
matin et je n'avais pu les porter que
l'après-midi, retenu par un visiteur. Un séjour
prolongé au panier peut même être bénéfique,
mais le vent s'était levé et il soufflait fort
d'est! Ce sont surtout les aînés et des mâles en
chasse qui ne sont plus rentrés.
Erreur
Pas mal de gens estiment que ces pertes opèrent
une sélection utile, mais j'ai déjà prouvé que
rien n'est moins vrai. On ne compte pas les
pigeons égarés que l'on est allé rechercher et
qui se sont révélés être de bons coursiers et de
parfaits reproducteurs par la suite. Si vous
avez la chance qu'on vous signale un de vos
pigeonneaux égarés, il serait doublement erroné
de le laisser où il est.
On ne peut prétendre qu'il n'a aucun talent
parce qu'il n'a pas pu rejoindre son habitat et
ce serait impardonnable de ne pas prendre
contact avec qui s'est donné la peine de vous
signaler votre égaré. Je connais un habitant de
Casteren, près de Reusel, qui se démène pour
rendre des pigeons égarés à leur propriétaire.
Il va les ramasser dans les communes
avoisinantes et comme il dispose des listes de
bagues des clubs loin à la ronde, il les signale
pour les seuls frais de téléphone. On peut lui
octroyer la médaille du Mérite. Consentir
pareils efforts, rester à demeure à longueur de
journées pour recevoir les gens qui viennent
retirer un pigeon égaré et cela sans accepter de
rémunération?
Il n'est pas d'action plus exemplaire pour
servir la cause de la colombophilie.
A nouveau à vélo
Je vous ai parlé du transport de nos pigeons à
dresser, à bicyclette, faute de mieux. Nous ne
perdions pas de pigeons alors. Aujourd'hui nous
menons une vie plus facile (plus de temps et une
voiture). Il en est qui portent leurs pigeons
jusqu'au lâcher du premier concours. Comme si
les pigeons repéraient le parcours "de visu".
Comme le premier concours porte sur une centaine
de kilomètres, il faut qu'ils augmentent chaque
fois la distance. Il me semble insensé et à
déconseiller de porter à une distance plus
élevée des pigeons qui ont éprouvé du mal à
rentrer.
Nous devrions abandonner cette progression en
distances pour les étapes d'entraînement.
Jadis, cela ne posait pas de problèmes. Vous ne
portiez pas un panier (à bicyclette) à 100
kilomètres. De nos jours certains s'imaginent
que plus loin ils auront porté leurs pigeons,
plus leur avance sera grande sur les
concurrents.
Je n'en crois rien!
Dans mon colombier
La première fois que j'ai porté mes pigeonneaux
(à 5 kilomètres environ) quelques-uns ne sont
pas rentrés. Au deuxième dressage, à 10
kilomètres, je n'en perdis aucun, mais ils
rentrèrent mal. Lâchés une deuxième fois à dix
kilomètres, avec quelques femelles en plus, ils
rentrèrent rapidement. J'ai répété cela une
deuxième fois, mais sans l'appui de vieilles
femelles et encore à la même distance. Ils
rentrèrent sans problème et ce n'est qu'à partir
de là que j'ai allongé les étapes.
L'expérience m'a appris que lorsque les
pigeonneaux rentrent bien, vous pouvez allonger
la distance à grands pas et passer de 15 à 40
kilomètres, encore que je me demande si cette
manière d'agir est sensée.
Je crois surtout, que c'est une erreur de croire
que les pigeonneaux seront de mieux en mieux
éduqués à mesure qu'on les portera à des
distances de plus en plus grandes.
Ad Schaerlaeckens |
|