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Conditionnement
de l'air pour le transport de pigeons

Il n'est
pas que la chaleur, la forte densité d'humidité
empêche également les pigeons de garder une
température corporelle normale dans les camions.
Il en résulte qu'ils sortent des paniers
"désorientés" et que les pertes sont nombreuses.
Figure emblématique de la colombophilie et de la
médecine vétérinaire en Hollande, le docteur
Stam décédait il y a quelques mois. Il avait
engagé la pratique de son hobby aux côtés de son
père bien avant de devenir le beau champion que
nous avions honoré dans "Pigeon Rit" en juin
2-1994. En plus de sa pratique, le Dr. Stam
dirigeait la Faculté de médecine aviaire à
l'Université d'Utrecht où il forma un grand
nombre de vétérinaires spécialisés en
colombophilie, dont les réputés Dr. de Weerd et
Dr. van der Sluys. C'est aussi lui qui jeta les
bases du suivi vétérinaire des pigeons dans son
pays. Le Docteur, comme nous l'appelions, nous
avait adressé un article traitant de
l'importance du conditionnement de l'air dans le
transport de pigeons. Nous nous étions promis de
le publier à l'entame 'de la saison 2000 des
pigeonneaux. Nous y voici.
Il devrait intéresser pas mal de monde.
Problèmes d'été.
Nous sommes de plus en plus conscients que le
transport de nos pigeons pose des problèmes
l'été. On ne peut endosser toutes les pertes de
pigeonneaux aux seuls coli-bacilles ou Adeno- et
Herpèsvirus. Microbes et virus demeureront de
tous temps les ennemis naturels de nos pigeons.
Nous devrons toujours tout faire pour assurer
l'hygiène et éviter le surpeuplement du
colombier afin d'assurer la santé de tous.
Les pigeons volent mieux par températures
normales. Ils éprouvent plus de difficultés par
temps chaud. Lorsqu'il fait très chaud au
colombier et que nous donnons la volée, nous
voyons les pigeons revenir après peu de temps,
haletants et le bec ouvert. Ce n'est pas le cas
lorsqu'ils rentrent d'un concours, même s'il
fait exceptionnellement chaud.
Contrairement aux humains, le pigeon n'éprouve
pas un manque d'oxygène à l'issue d'un gros
effort physique. Lorsque la température n'excède
pas les 28°C il assure parfaitement sa
thermorégulation corporelle.
En plus d'une température trop élevée, les
camions de convoyage présentent une trop forte
humidité qui empêche le pigeon d'assurer sa
température corporelle normale. Il en résulte
qu'il sort du panier "désorienté" et que les
pertes de pigeonneaux sont nombreuses.
Nous trouvons normal de transporter les
marchandises périssables dans des conteneurs à
basse température. Les poussins voyagent dans
des camions avec conditionnement d'air. Le point
faible du sport colombophile
réside dans son transport non adapté. Nous
faisons tout ce qui est en nos moyens pour
assurer la parfaite santé de nos protégés.
Pourquoi n'installons-nous pas un
conditionnement d'air dans nos camions? Cela ne
peut causer un problème financier. N'est-il pas
préférable de payer quelques francs de plus pour
assurer un convoyage parfait que d'avoir à
regretter toutes ces pertes? Songez-vous à
assurer une parfaite aération pour vos pigeons
dans votre voiture? Faites-vous ce qu'il faut
pour qu'ils n'aient " pas trop chaud?
Ces dernières années les plaintes de pertes
massives de pigeonneaux abondent.
"Entraînons souvent les pigeonneaux"
Ils ne se perdent pas du toit mais ne rentrent
pas des entraînements ou des concours. Le
transport est régulièrement en cause. Parce que
l'on s'en tient à prétendre "que les pigeons se
collent les uns aux autres dans les paniers; que
nous avons toujours agi ainsi dans le passé et
que cela coûterait trop cher" on continue de
surcharger les camions, sans se préoccuper du
"stress" des pigeonneaux surtout.
Grégaire par nature, le pigeon accompagne la
grande masse.
Si le pigeon survole une région qu'il connaît il
peut s'en extraire pour rallier aisément son
colombier.
Evitons le surpeuplement.
Comme nous perdons beaucoup de pigeonneaux, nous
en élevons toujours plus. Il n'est pas rare dès
lors de trouver des colombiers de pigeonneaux
surpeuplés, sujets à diverses maladies virales:
Adeno, Herpès et autres. Comment s'en sortir au
mieux? Tout colombier présente une capacité de
peuplement en fonction de sa surface et de son
aération. Si on y loge disons 40 pigeonneaux, on
se retrouve à vingt quelques semaines plus tard.
Les pertes sont bien plus réduites par la suite.
De même si l'on débute avec 30 pigeonneaux, il
n'en reste bientôt plus que 20. Cela signifie
tout simplement que le colombier peut accueillir
vingt pigeonneaux et qu'il est insensé de
vouloir y héberger davantage. Les risques
d'infection seront réduits par la même occasion.
Entraînons à répétition.
L'étude de l'orientation du pigeon voyageur a
montré qu'il connaît bien la région environnante
dans un rayon de 15 à 20 kilomètres.
Nous ne savons toujours pas avec précision
comment il s'oriente hors de ce rayon.
Il est prouvé d'autre part que plus on va lâcher
les pigeonneaux à distance, mieux ils s'adaptent
aux voyages. Il est donc de la plus grande
importance d'entraîner souvent les pigeonneaux,
de les lâcher par petits groupes du même
colombier d'abord, avec des pigeons d'autres
colombiers ensuite.
Dr. J. STAM |