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Je ne m'attarderai pas sur
l'influence maléfique de la peste aviaire sur le
déroulement de la saison 2003. Je ne puis
émettre pour seul avis que: "Plus jamais cela !"
Le sport colombophile devrait jouir de
dispositions et de règles spéciales en cas de
peste aviaire, afin que le pigeon de sport
puisse passer à travers les mailles du filet des
restrictions contre un mal qui ne le touche pas.
Le chroniqueur colombophile n'écrit pas de
gaieté de cœur en temps de peste aviaire.
Individualiste par nature, le colombophile
s'intéresse principalement à sa colonie. Seul le
touche le sort qu'on lui réserve. La solidarité
n'a pas court en ces jours noirs. Pourquoi
reprocher aux collègues non frappés par
l'épizootie de goûter au plaisir de leur hobby
parce que ceux des régions infestées en sont
privés temporairement? Mais, ne risquez pas de
tenir ce propos aux victimes des règles de
sécurité. Certaines ont une toute autre
conception de la situation.
Pourquoi argumentent-ils de la solidarité en
leur faveur, alors qu'ils ne la conçoivent pas
au profit d'autrui?
Obscurité au "veuvage" ?
Le projet de reculer le calendrier vers le mois
d'août mérite notre attention. Bien qu'il ne
m'emballe pas, surtout pour les "veufs" et ce
pour une cause évidente.
Les veufs (et les femelles jouées au veuvage)
qui ont jeté la quatrième rémige perdent la
forme. L'ardeur sexuelle baisse et la grande mue
débute lentement. Les hormones du pigeon jouent
au ping-pong, avec des hauts et des bas. A la
mi-août je dispose régulièrement de "vieux"
aptes à être engagés dans les concours, mais les
yearlings muent généralement une à deux semaines
plus tôt que leurs aînés. L'un ou l'autre vieux
peut toujours avoir gardé sept plumes à la fin
du mois d'août. C'est la raison pour laquelle
j'engage quelques femelles "à nid" en août. Les
plus malins auront probablement fait l'obscurité
au colombier des "veufs" pour s'adapter à la
situation créée par la peste aviaire. De cette
manière les veufs restent bien en plumes et il
est possible de les avoir bien en forme au
moment voulu. Je ne suis pourtant porté pour la
pratique de l'obscurité chez les veufs.
J'ai appris que les premiers concours ne se
déroulent pas trop bien pour les veufs
"obscurcis".
Laissons tenter l'expérience à qui croit à son
apport. Si la pratique de l'obscurité s'avérait
nécessaire pour les vieux au veuvage, nous
trouverions bien le moyen de nous y faire.
Retenons surtout que le recours à un système de
jeu est plus efficace que le recours à tous les
produits dont les vendeurs affirment qu'ils sont
tous les meilleurs du monde ...
Nous vendons du rêve ...
Quel que soit le système adopté, le pigeon
demeurera toujours au centre du débat. Nous
pourrons faire d'un sujet moyen, un pigeon
capable de se classer régulièrement dans les
prix, alors qu'il n'apparaîtrait jamais au
résultat s'il n'était pas traité de bonne façon.
Les amateurs qui s'efforcent cependant à trouver
un bon système de jeu ne se content pas de
sujets capables seulement de se classer. Ils
veulent des sujets capables de faire la course
en tête et même les meilleurs parmi ceux-là. Les
bons amateurs connaissent parfaitement l'effet
du système sur le pigeon. Ils savent aussi
pourquoi le crack arrive toujours avant son
voisin de casier. Les gens se laissent cependant
toujours séduire par l'offre de gros sous, même
s'ils n'en éprouvent pas un réel besoin. Ils se
disent qu'ils pourront élever un autre crack.
Mais de quels pigeons? De ses parents, qui ont
pris de l'âge, de ses frères et sœurs?
Tout est possible. Un crack ne devient pas
toujours un bon reproducteur, bien que ses
chances de réussite sont plus grandes,
certainement si on lui présente un nouveau
partenaire de temps à autres.
Quelle classe serait celle du pigeon actuel si
nous n'avions pas exporté vers le pays du Soleil
levant la majorité de nos cracks? Bon nombre de
grands, comme de petits amateurs ont sombré dans
le déclin pour avoir vendu la base de leur
souche. Certains d'entre eux osent cependant
poser la question:
"Ces acheteurs savent-ils bien y faire? Sont-ils
capables d'en tirer un maximum ?"
Il ne faut pas débourser de grosses sommes pour
acquérir "la main" colombophile. On a coutume de
prétendre qu'on a ce don ... ou qu'on ne l'a
pas. Parfois on peut aussi apprendre le métier
(si je n'écrivais pas cela, nous ne gagnerions
plus de nouvelles recrues pour notre sport).
Les acheteurs réussissent généralement bien avec
les cracks qu'ils s'approprient. Si pas en
première, plutôt en deuxième, troisième et même
quatrième génération, surtout lorsque les cracks
européens sont croisés avec les cracks locaux.
Tout est manière de s'adapter. Le sport
colombophile se pratique de manière différente,
de régions à régions, selon les différentes
conditions climatiques, les reliefs que les
pigeons doivent survoler, etc. La remarque
concernant la réussite en deuxième et troisième
génération vaut aussi lorsque l'on acquiert des
pigeons.
Lorsque l'on est arrivé en troisième génération,
on peut dire que le pigeon introduit n'est
mathématiquement plus que pour 12,5 % dans sa
descendance. Cependant, je n'ai jamais vu un
pigeon avec sept arrière-grands-parents au lieu
de huit. A moins qu'un même pigeon n'apparaisse
plusieurs fois dans le pedigree: Je tiens
cependant à vous dire que je m'intéresse
uniquement aux parents et aux grands-parents
quand j'achète et lorsque je l'accouple. Plus on
remonte dans les générations, plus il faut de
fantaisie, pour ne pas dire de rêve. Un courtier
en pigeons m'a dit un jour: "Nous vendons plutôt
du rêve que des pigeons. "
Et je puis vous dire que ce n'est pas le premier
venu.
P.Philippens |