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Dans quelques semaines nous
reprendrons les paniers de voyages. Vous les
aurez désinfectés en cours d'hiver j'espère.
Nous payerons cher les erreurs de la méthode
appliquée au cours des six ou sept mois passés
dans les mois à venir.
Même si nous avons veillé à tout au mieux de nos
possibilités, nous savons d'expérience
qu'environ la moitié de nos coursiers ailés ne
répondront pas à ce que nous en attendons.
"Lequel nous décevra et quel autre nous
autorisera de jouir de notre travail ?", la
question occupe nos rêveries de colombophile.
1. Au quotidien
Même s'ils vous paraissent être en parfaite
santé, vous devez prendre vos pigeons en mains
de temps à autres, vérifier s'ils ne sont pas
trop pesants, si la chair de la poitrine est
bien rose, si les gorges sont propres avec une
ouverture ovale et pas trop ouverte, pas de
langues qui s'élèvent, le tout bien rose.
S'il n'en est pas ainsi c'est probablement qu'il
manque d'oxygène et d'air frais au colombier, ou
que votre mélange est trop riche. C'est aussi
possible que la sélection n'a pas été bonne.
Pour notre facilité, nous n'accouplons plus nos
"veufs" une deuxième fois après l'élevage
d'hiver.
Ils s'entraînent mieux alors et nous donnent
moins de travail. Nous nous occupons plus de nos
pigeonneaux pour les apprivoiser et leur
apprendre à obéir.
Cela peut s'obtenir par la manière de nourrir,
mais vous devez éviter tous mouvements brusques
et vous habituer à les prendre en main
calmement.
2. La ration
Tant que vous ne les jouez pas, il ne faut pas
nourrir fort vos pigeons de concours. Il ne faut
pas exagérer non plus lorsque le jeu commence.
Il ne faut pas de régime lourd pour la vitesse,
mais bien de la motivation et un cerveau subtil.
La graisse et le poids empêchent cela. Les
pigeonneaux doivent être bien nourris pour
pouvoir s'épanouir solidement. Bien n'est pas
synonyme de beaucoup, mais de bon mélange.
Nombreux sont ceux qui s'en tiennent à des
mélanges "pour pigeonneaux".
Nous ne nous compliquons pas la vie par une
multitude de mélanges et nous nous en tenons au
mélange élevage. Le grit frais et les minéraux
frais font partie de la ration quotidienne.
Comme au cours des mois précédents on peut y
ajouter un petit extra de temps à autres:
verdure, huile d'ail, extraits de plantes,
vitamines, thé, etc.
3. Sélection permanente
Nous ne perdons pas notre temps avec des chiffes
molles et des pigeonneaux de santé précaire. Je
vous ai raconté le mois passé que je voulais
oublier le pedigree des pigeonneaux jusqu'à la
fin de la saison, afin de ne pas être trop
coulant envers les descendants de telle ou telle
autre souche. La surpopulation doit être évitée
à tous moments. Les perchoirs et les petits
casiers ne peuvent être tous occupés.
4. Médicaments
La décision vous appartient d'aller voir un
vétérinaire avant le début de la saison, ou non.
Vous pouvez faire d'une pierre deux coups en
mars, avec la vaccination contre la
paramyxovirose. Pas besoin de médicaments pour
des pigeons en bonne santé. Si ce n'était pas le
cas, je ne pourrais vous conseiller à distance,
si ce n'est de déceler vos erreurs éventuelles:
sélection pas assez sévère, aération
insuffisante, surpopulation, nourriture trop
forte etc. Les médicaments ne vous apportent
rien ou trop peu s'ils n'éliminent pas les
causes de la mauvaise condition physique.
Les vétérinaires ne connaissant pas la mauvaise
méthode appliquée par l'amateur et ils ne s'en
informent pas la plupart du temps. Quoi
d'étonnant si une visite chez le vétérinaire
n'engendre aucune amélioration alors?
5. La souche
Vous pouvez donner une autre partenaire à vos
producteurs maintenant et vérifier si la qualité
de la descendance est meilleure (ou non). Ne
vous perdez pas dans la théorie de l'arbre
généalogique (pedigree) avant la fin de la
saison.
Pour l'heure il faut jouer. Le panier jugera de
la valeur de votre méthode d'élevage.
6. La saison et votre
système
Choisissez résolument un système qui s'adapte à:
votre vie familiale, votre temps (libre), la
qualité de vos pigeons et vos moyens financiers.
A la maison nous partageons l'été entre la
famille et les pigeons. Ainsi je finis de jouer
le 1er août. Mon temps est mesuré. C'est pour
cela que je joue les mâles au "veuvage"
classique et les pigeonneaux à la porte
coulissante. Je ne dispose pas du temps requis
pour mettre les pigeonneaux dans l'obscurité.
Pour retarder la mue des pigeonneaux j'allonge
les journées en faisant de la lumière au
colombier des jeunes depuis la fin juin, chaque
matin à partir de 5 heures avec une pendule mise
à l'heure. (Note: La mue se déclenche lorsque
les jours raccourcissent). J'ai des pigeons de
fond et je ne leur demande pas de remporter des
premiers prix en vitesse. Ma monnaie est
comptée.
C'est la raison pour laquelle huit casiers
restent vides au colombier d'élevage et neuf au
concours.
Lorsque je jouais à fond jadis, sans me soucier
de tout cela, mes résultats étaient bien plus
mauvais.
Jacques NOUWEN |