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CHAUFFAGE DU COLOMBIER
Généralités
Lorsque, comme votre serviteur, l'on ne veut pas
simplement donner libre cours à sa fantaisie
d'écrivain, on est obligé de se mettre en route.
En d'autres termes, il faut quitter son fauteuil
confortable pour aller fureter dans les us et
les coutumes des grands champions.
De prime abord il faut admettre qu'il n'est
point possible de tout apprendre par soi-même.
Une seule vie ne suffirait pas. Il faut donc
profiter dans la mesure du possible de
l'expérience des autres.
Les colombophiles n'ayant pas un bandeau sur les
yeux avaient, depuis longtemps, remarqué que les
boulangers parvenaient à garder leurs pigeons
plus facilement en bonne santé et que leurs
voiliers de concours se mettaient rapidement en
forme.
Déjà en début de saison ils en avaient fait voir
de toutes les couleurs à leurs concurrents.
Selon certains, c'était dû au climat clément du
colombier.
Sans vouloir mettre en doute le fait que
l'excellent climat d'un colombier situé au~
dessus d'un fournil joue un rôle prépondérant
dans les succès, il faut toutefois y ajouter que
les boulangers n'étaient pas précisément à
chercher parmi les citoyens les plus pauvres.
Sans nul doute ils pouvaient se permettre de
dépenser quelques gros billets, pour un bon
pigeon et c'est ainsi qu'ils disposaient très
souvent d'une classe pour le moins
extraordinaire.
Vous aurez remarqué que j'ai écrit ce qui
précède au passé. En effet les vieux fournils,
comme celui que j'ai connu dans ma jeunesse chez
mon oncle Charles, ont disparu et ont fait place
à des installations modernes bien isolées. En
outre l'évolution dans les colombiers actuels
est telle qu'un chauffage artificiel peut plus
ou moins remplacer les avantages des colombiers
d'antan installés au-dessus d'un fournil.
Espèces et systèmes
Le colombophile averti essaie toujours d'avoir
un pas d'avance sur les concurrents.
L'ingéniosité n'a pas de limites.
Vers la fin des années cinquante, j'ai déjà vu
une batterie de radiateurs chez Valère Docker à
Moorsele, servant à élever des jeunes en plein
hiver. Le trio Van Hove-Uytterhoeven à
Putte~lez-Malines utilise des tubes chauffés
électriquement et des lampes infra-rouges ne
donnant pas de lumière. Chez Deno à Leefdaal
j'ai pu constater qu'il utilisait un radiateur
électrique à air chaud pour améliorer le climat
de son colombier de veuvage.
D'autres colombophiles, tels que le grand
champion flandrien, Roger Vereecke de
Saint-Louis-Deerlijk, ont tout simplement
raccordé des radiateurs au chauffage central de
la maison.
Son père, Jérôme, qui avait de son temps des
idées personnelles avancées et qui disposait des
moyens pour les réaliser, avait fait construire
des maisonnettes sur le terrain à côté de son
habitation.
VICTOR VANSALEN

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