|
Humidité néfaste
Pour le moment il suffit de comprendre que le
même phénomène se passe sur le sol de votre
colombier. La surface froide se couvre d'une
fine couche de buée à peine perceptible.
Ceci est en tout cas un facteur défavorable. Les
pigeons atterrissant sur le sol n'en souffrent
évidemment pas directement.
Mais le sol (ou plancher) devient un endroit
idéal de culture pour les moisissures, les
bactéries et surtout pour, les oocystes de
coccidies et les œufs de vers dé toute sorte.
Ceux-ci ont besoin d'un endroit à forte humidité
relative pour "mûrir". Maintenant il faut se
rendre compte que les dimensions des oocystes et
des œufs de vers sont si minimes qu'il faut un
agrandissement important du microscope pour les
voir.
Même si vous êtes un colombophile très soigneux,
qui nettoie son colombier et son plancher deux
fois par jour, la présence de restants
d'excréments est un fait inévitable. Il suffit
qu'il y ait quelques pigeons infestés dans le
colombier (même d'une façon latente,
c'est-à-dire sans signes cliniques extérieurs de
la maladie) pour que les pigeons se ré
infestent.
On ne peut donc pas assez insister sur la
nécessité de prendre des mesures préventives
radicales lorsqu'on doit combattre une maladie
parasitaire telle que la coccidiose ou des vers.
Ne donner que des médicaments aura l'effet d'un
emplâtre sur une jambe de bois ! Dans la
pratique on constate que la plupart des grands
champions a été fort attentif à ce sujet.
Déjà vers la fin des années soixante je visitais
Louis Van Loon à Poppel, non loin de la
frontière hollandaise. Louis Van Loon était à ce
moment probablement le plus fort joueur de petit
demi-fond de la province d'Anvers. C'était un
taciturne qui avait certainement peur d'en dire
trop. ,Et pourtant il m'a confié qu'il
désinfectait régulièrement le sol de ses
colombiers avec un brûleur à gaz. Pourtant le
dessous de ses colombiers de jardin était
complètement fermé. J'ai entendu la même
histoire à plusieurs reprises chez d'autres
champions réputés, même chez les rares
colombophiles qui avaient encore leurs
colombiers au grenier. Le danger de causer un
incendie n'était certainement pas imaginaire et
pourtant ils osaient prendre le risque.
Avant de manipuler le brûleur il faut toutefois
réfléchir au risque d'incendie! Soit dit en
passant: les désinfectants à base de chlore ou
d'iode enrayent le développement de moisissures,
bactéries et virus mais ne combattent pas la
coccidiose et les vers parce que les oocystes et
les œufs sont trop bien enveloppés pour être
tués. Il y a, paraît-il, des produits qui
attaquent l'enveloppe graisseuse mais qui sont
plutôt mal supportés par les pigeons.
Midi à 14 heures
Il ne faut surtout pas compliquer les choses.
Evitez de chercher midi à quatorze heures car il
y a un moyen assez simple pour désinfecter son
colombier de façon raisonnable.
Mon fils Marc n'a eu aucun problème avec des
coccidies ou des vers, probablement parce qu'il
a interrompu le cycle de maturation. Il nettoya
le sol avec un grattoir, puis il y passa avec un
torchon bien tordu qu'il avait, au préalable,
trempé dans un seau d'eau auquel il avait ajouté
une toute petite dose, d'eau de Javel (une bonne
cuiller à soupe pour un seau de 7 à 8 litres).
VICTOR VANSALEN
  
|